Nos chèvres

Les chèvres

 

L’élevage – L’alimentation – Les soins – La biologie et le  lait – Le caractère –

 

L’élevage/

Il y a un petit cheptel de 40-50 chèvres de race Alpine chamoisées. Les premières sont arrivées toutes petites à la chèvrerie (de quelques jours à quelques semaines) et ont été élevées au biberon. Toutes les autres sont nées sur place et ont grandi avec leur maman. Nous avons quelques boucs de bonnes lignées pour assurer la reproduction.

Presque toutes les chèvres (99,8%) ont un nom et la plupart (78%) le reconnaissent. Elles ne viennent pas forcément quand on les appelle, mais elles répondent en nous regardant ou en bêlant lorsqu’on dit leur nom… Sympa les biquettes, non ?

Pour assurer la sécurité du troupeau en toutes circonstances (y compris contre les chiens errants et les loups), nous avons des chiens de protection de race Montagne des Pyrénées et Berger d’Anatolie qui vivent en permanence avec les chèvres.

Pour mener le troupeau, bien qu’en les appelant simplement les chèvres suivent volontiers, nous avons des chiens de race Berger de Beauce qui nous aident à remettre dans le rang les coquines désobéissantes.

L’alimentation /

Notre élevage est en système petit pastoral. Cela signifie que le troupeau pâture quasiment tous les jours de l’année dans les collines, mais nous complémentons leur alimentation dans la chèvrerie. Nous leur donnons à manger du foin de Crau, aux brins fins bien verts qui sentent délicieusement bon, de la pulpe de betterave déshydratée, de la luzerne, du maïs, de l’orge, du lin. Le tout sans OGM et sans pesticides ! Dans les pâtures les chèvres mangent des chênes (vert, kermès, pubescent…), des pins, des glands, du lierre, de l’herbe (graminées et légumineuses), des plantes aromatiques (thym, romarin, marjolaine…), des fruits sauvages (pérussier, églantier, figuier, cerisier, arbousier quand elles en trouvent…), des fleurs parfois (lavande sauvage, coquelicots, pâquerettes…), des oliviers, parfois des vignes sauvages, et les repousses des champs de blé, de tournesol, épeautre, etc. entre la récolte et le labour… En bref, tout ce qu’elles trouvent et qui leur fait envie !

Les soins/

L’élevage est « au naturel ». Nous soignons les animaux par homéopathie, phytothérapie et aromathérapie principalement. Il nous arrive parfois d’utiliser des antibiotiques quand les méthodes alternatives ne fonctionnent pas, mais les flacons de médicaments allopathiques sont régulièrement rendus à la pharmacie neufs ou à peine entamés car la date de péremption est dépassée (un à deux ans après l’achat). Les animaux sont complémentés en vitamines et mènent une vie à leur rythme, avec un accès permanent à l’extérieur (aucun bâtiment n’est fermé !), ce qui contribue fortement à leur bonne santé et leur bien-être. Les chevrettes de reproduction sont sevrées tardivement et mises à la reproduction le plus tard possible afin de leur permettre une croissance optimale.

La biologie et le lait /

La saison de la reproduction s’étend de mi-août à fin février, avec dans notre élevage un pic de saillies de fin septembre à mi-octobre. Les chevreaux naissent environ cinq mois plus tard, de fin février à mi-mars. Le tarissement (arrêt de la lactation) a lieu deux mois avant la mise-bas, soit vers fin décembre dans notre élevage. Il arrive que certaines chèvres ne prennent pas la saillie, ou soient saillies plus tard que les autres, et nous les gardons donc en lactation dite longue, ce qui nous permet d’avoir un peu de lait même en hiver. Il faut savoir qu’une chèvre peut produire du lait plusieurs années après une mise-bas, mais la quantité diminue fortement, c’est pourquoi la plupart font un cabri tous les ans.

Une chèvre alpine produit entre 1 litre (voire moins pour certaines !) et 3 litres de lait par jour, avec des taux de protéines et de matières grasses plus ou moins élevés. Le lait n’est jamais exactement le même, car les bêtes ne mangent jamais exactement la même chose tous les jours. De plus, les petits ruminants comme les caprins sont sujets à des variations de la composition de leur lait en fonction des saisons et de leur cycle de lactation : ainsi le lait est généralement plus riche au printemps et à l’automne (yaourts plus fermes par exemple) et plus pauvre en été ou durant le pic de lactation.

Le goût du lait varie aussi : plus fruité ou floral au printemps, et plus fort en chèvre à l’automne et en hiver…

Les quantités varient en fonction du temps : s’il pleut ou qu’il fait trop chaud, ou trop froid, il y a moins de lait… Si la pâture leur a beaucoup plu, qu’elles sont de bonne humeur, il y en a plus… S’il y a eu un stress dans la journée (chien errant par exemple), il y a moins de lait…

Nous pratiquons la mono-traite, cela signifie que nous ne trayons qu’une fois par jour. Les chèvres montent sur le quai de traite pour manger leur grain et nous les trayons un peu à la main et un peu à la machine pendant ce temps.

Le caractère/

Les biquettes sont querelleuses entre elles, et encore plus par temps d’orage !! Le Mistral les énerve aussi ceci dit. Je crois qu’en fait elles aiment bien se battre en se tapant les cornes… Il n’y a généralement pas de blessure si les espaces sont suffisamment grands : la législation préconise seulement 1,5 m² d’aire paillée par chèvre, mais avec des chèvres cornues il en faut 3,5 à 4 m² au moins, sinon on court à la catastrophe ! Il arrive parfois qu’elles se liguent toutes contre une seule chèvre pendant quelques heures, et là pas d’autre solution que de sortir la malheureuse du troupeau en attendant que ça leur passe…

Elles sont coquines aussi ces biques… Si on oublie de mettre l’électricité sur la clôture, ou qu’elle n’est pas suffisamment forte, elles arrachent les fils avec leurs cornes pour aller brouter dehors ou juste pour le plaisir de sortir… Les portails doivent être à toutes épreuves car si elles arrivent à l’ouvrir une fois, elles le referont sans cesse… S’il y a une barrière, il faut passer la tête à travers… Le foin n’est bon dans les mangeoires que si l’on peut s’y mettre la tête dedans, ou mieux s’y coucher et s’y étaler de tout son long ! Ces petits travers sont attachants, mais parfois dangereux : chèvre qui se pend dans un râtelier ou une barrière, troupeau sorti car il y a eu une coupure de courant… Elles sont comme des enfants toujours à l’affût d’une bêtise à faire, mais elles ne sont pas capables de réfléchir aux conséquences !

Les chèvres sont des animaux très sensibles et très sentimentaux. Elles font des « clans », et sont copines avec certaines et pas avec d’autres… Séparer deux amies est une très mauvaise idée, certaines pourraient aller jusqu’à se laisser mourir de chagrin ! La famille est capitale chez les chèvres, les sœurs, filles, mères restent ensemble et se retrouvent même si elles ont été séparées un moment ! On dirait aussi parfois qu’elles se boudent…

Les chèvres… ce sont vraiment des animaux passionnants !